Chercheurs sur l’hypophosphatasie peuvent aider les dentistes à détecter des cas

L’hypophosphatasie est une maladie génétique rare (en Belgique, environ 1 naissance sur 300 000) causée par une mutation du gène de la phosphatase alcaline. Ce gène joue un rôle clé dans la fixation du calcium dans les os et empêche sa perte excessive par l’urine. De plus, cette enzyme est essentielle au métabolisme de la vitamine B6, un élément crucial pour le système nerveux.

 

Les symptômes de l’hypophosphatasie incluent notamment une faible densité osseuse dès le plus jeune âge, des fractures fréquentes, un ralentissement de la croissance et une perte précoce des dents.

 

Dans une étude publiée dans Scientific Reports, des chercheurs japonais ont examiné les problèmes dentaires des patients atteints d’hypophosphatasie. Leur objectif est d’aider les dentistes à identifier plus rapidement les patients potentiellement atteints et à mieux les accompagner.

 

Kazuhiko Nakano, auteur principal de l’étude, souligne : "Une meilleure compréhension des différentes manifestations de cette maladie permettra d’améliorer les taux de diagnostic et de favoriser des traitements précoces pour les patients concernés."

 

Depuis 2013, des enquêtes sont menées tous les cinq ans dans des cliniques dentaires. Lors de la dernière étude, les chercheurs ont collecté des données sur 103 cas répartis dans 30 cliniques, alors que lors des premières enquêtes, seuls 19 et 52 cas avaient été enregistrés.

 

Sur la base de ces données, les patients ont été classés en deux groupes :

  • Odonto-type : patients présentant uniquement des symptômes dentaires
  • Non-odonto-type : patients présentant d’autres symptômes en plus des manifestations dentaires

 

Les chercheurs ont observé des différences marquées entre ces deux groupes.
Les patients atteints d’hypophosphatasie de type odonto perdaient plus fréquemment leurs dents de lait de façon précoce, tandis que ceux atteints de la forme non odonto souffraient plus souvent de mauvais alignement dentaire et de l’hypominéralisation dentaire, une pathologie entraînant un ramollissement de l’émail.

 

De plus, la forme non odonto a été associée à de mauvaises habitudes bucco-dentaires, comme la succion du pouce et la poussée linguale, ainsi qu’à des troubles de la déglutition.

 

Avec la thérapie de remplacement enzymatique désormais disponible pour traiter l’hypophosphatasie, les chercheurs japonais estiment que leurs conclusions permettront aux dentistes d’identifier plus rapidement les cas suspects sur la base des symptômes dentaires.

 

Au Canada, la forme sévère de l’hypophosphatasie touche environ 1 naissance sur 100 000. Cependant, elle est particulièrement fréquente au sein de la communauté mennonite du Manitoba, où environ 1 nourrisson sur 2 500 naît avec des manifestations graves de la maladie.

 

Source: https://www.oralhealthgroup.com/clinical/dental-research/researchers-behind-study-on-hypophosphatasia-say-their-findings-will-help-dentists-identify-early-cases-1003984928/