Antidépresseurs et implants : mauvaise combinaison
Le risque d'être confronté à des problèmes avec des implants est quatre fois plus élevé chez les patients qui prennent des antidépresseurs que chez les patients qui n’en prennent pas. Des chercheurs américains tirent la sonnette d'alarme, entre autres parce qu'aux États-Unis (et dans de nombreux autres pays occidentaux), les antidépresseurs sont l'un des médicaments les plus prescrits.
David Desmet
Chaque année supplémentaire de consommation d'antidépresseurs augmente le risque d'échec de la pose d'un implant avec un facteur deux. L'étude rétrospective en question a eu lieu aux États-Unis, sur un groupe de 74 patients (41 femmes et 33 hommes) qui se sont faits poser un ou plusieurs implants (jusqu'à 11) à l’University of Buffalo School of Dental Medicine au cours de la période entre janvier 2014 et août 2014. Le degré d’échec moyen au sein de ce groupe était de 5%, mais la fréquence d'utilisation des antidépresseurs étaie plus importante dans le groupe de patients ayant présenté un problème au niveau de leurs implants (33% des patients sous antidépresseurs et 11,3% chez les patients ne prenant pas d'antidépresseurs). Le risque de faire face à un échec d'implantation est donc quatre fois plus élevé que dans le groupe de contrôle. Et chaque année supplémentaire d'utilisation d'antidépresseurs augmente en outre le risque d'un échec de la pose d’implants ayant un facteur deux.
Le médecin traitant doit donner son accord
Bien que des études antérieures pointaient déjà dans la direction de tels résultats et que les chercheurs n'ont donc pas véritablement été surpris, ils ont tout de même été étonnés. “Nous savons que les antidépresseurs ou les antipsychotiques ont un effet sur la biologie et la densité osseuse. Mais les résultats nous étonnent malgré tout”, comme l'affirme le Dr Bairam faisant parti de l'étude des chercheurs. Les patients sous antidépresseurs doivent-ils alors interrompre temporairement leur traitement ? “Pas du tout, mais il s'agit d'un facteur de risque supplémentaire que leur médecin traitant doit prendre en compte et c'est ce médecin qui devrait en fait donner son accord ou non pour l'implantation”, conclut le Dr Bairam.